"Monsieur le Président du Parlement européen..."

Écrit par Jean-Baptiste Horhant le . Publié dans Parlement

 Lettre destinée à Martin Schulz, Président du Parlement européen, ainsi qu'aux députés européens

Communiqué Allemand - Brief an Herrn Präsident Schulz

Communiqué Anglais - Letter to Mr President Schulz

drapeau croatie

Bienvenue à la Croatie !

Monsieur le Président du Parlement européen,

L’Association européenne des jeunes entrepreneurs (AEJE) milite en faveur d’une Europe plus forte. Une Europe respectueuse de ses valeurs, plus lisible et proche des citoyens. Donc une Europe plus démocratique.

Notre action, depuis 2011, est de promouvoir l'Europe, une Europe plus forte. Pour nous, l'acharnement contre Strasbourg est un faux combat insupportable, au détriment des vrais sujets, comme l'attestent les défis d'une actualité particulièrement chargée. Nous avons publié en février 2012 le résultat de nos recherches dans le rapport "Le siège dans tous ses Etats".

Nous sommes convaincus que le Parlement européen est le vecteur essentiel pour y parvenir. Cela passe également par le respect de la diversité européenne, de notre Histoire, de notre douloureux passé commun et de la construction européenne dont Strasbourg est le symbole. Strasbourg est historiquement la capitale de la démocratie européenne. C’est à Strasbourg qu’elle doit s’ancrer, se renforcer et se tourner vers l’avenir.

Loin de ces fondamentaux, la principale préoccupation, très réductrice, des opposants à Strasbourg est le prétendu coût du siège du Parlement européen. Ces deux dernières années, ils ont multiplié les estimations fantaisistes ou falsifiées, se contredisant eux-mêmes en avançant tour à tour les estimations de 204, puis 200, 185, 169 millions d’euros. Face au sérieux de notre étude qui conclut à un coût de 51,5 millions d’euros, ils viennent de produire une nouvelle estimation à 119,9 millions d’euros.

Nous refusons qu’une institution démocratique puisse être réduite à son seul coût. Néanmoins, nous vous remercions, Monsieur le Président, d’avoir contribué à un débat objectif en assurant, depuis votre élection, la parfaite transparence des informations. Depuis deux ans, vos services publient en effet un tableau des coûts du siège en 2010 et 2011, soit 51,5 et 53 millions d’euros. Ces chiffres figurent dans des documents budgétaires approuvés par les députés européens.

Le deuxième argument des opposants à Strasbourg concerne le coût écologique, l’empreinte carbone, du siège qu’ils évaluent avec constance à 19 000 tonnes de CO², reprenant une étude ancienne de 2002, dont les auteurs avaient eu l’honnêteté de multiplier les réserves et mises en garde l’approximation de la méthode utilisée et son caractère peu adapté à une institution parlementaire.

Pour sa part, l’AEJE s’est référée, là encore, aux documents officiels diffusés par vos services, en particulier aux « déclarations environnementales du Parlement européen » établies depuis 2006 par l’équipe EMAS du Parlement Ces études annuelles très complètes montrent que l’empreinte carbone liée au siège de Strasbourg, y compris les déplacements, est au total de 3250 tonnes de CO² pour 2011. Ce niveau très faible et en réduction constante, est dû à des mesures environnementales exceptionnelles qui placent Strasbourg au rang du site le plus propre des lieux de travail du Parlement.

Malgré ces efforts de transparence du Parlement européen, des comptes vous sont à nouveau demandés sur d’hypothétiques coûts cachés liés au siège. Il serait tout aussi intéressant d’examiner les coûts réels d’un regroupement des installations à Bruxelles : le coût politique d’un abandon de Strasbourg, les coûts sociaux liés au transfert du secrétariat de Luxembourg à Bruxelles, le coût des investissements réalisés depuis 1952 et les coûts de maintien en état des bâtiments devenus vides à Luxembourg et à Strasbourg, dont le Parlement resterait propriétaire.

Les opposants à Strasbourg exigent une étude médicale sur les effets psychologiques négatifs et le prétendu stress liés à la « transhumance » entre Bruxelles et Strasbourg. Il serait intéressant d’y ajouter un examen des effets salutaires, certainement bénéfiques pour les parlementaires et les fonctionnaires européens de se réunir, une fois par mois à dates fixes, au siège de leur institution pour prendre des décisions, tandis que de nombreuses professions subissent des déplacements professionnels dans des conditions souvent aléatoires et difficiles.

Notre objectif est de rappeler les députés européens au sens de leur mission et à leurs responsabilités, et plus encore d’alerter et d’informer les citoyens de la réalité de la construction européenne. Il semble désormais impératif, après le temps perdu par des élus sur cette question qui n’a pas lieu d’être, de promouvoir l’Europe des Peuples et des citoyens reconnue par le Prix Nobel de la Paix dont Strasbourg est le symbole. C’est grâce à notre mémoire collective que nous pourrons bâtir de nouveaux projets et donner une impulsion nouvelle à une Europe proche de ses citoyens.

L’équipe de l’AEJE