Quelques pistes vers un meilleur équilibre des salaires au sein des entreprises

Écrit par Jean-Baptiste Horhant le . Publié dans Entrepreneuriat

Agent général d'assurance-vie au sein d'une importante compagnie d'assurance, Christian est  stupéfait de la montée des écarts de salaires au sein de nombreuses entreprises. Un directeur général peut-il légitimement gagner jusqu'à 800 fois plus que  certains de ses salariés, comme on le voit aujourd'hui pour quelques dirigeants de multinationales du CAC40 ?

 

Quelques pistes sont évoquées sans tabou afin de tendre vers un meilleur équilibre des salaires au sein des entreprises.

 

- Quelles solutions économiques pourraient être étudiées et mises en oeuvre?

"Tendre vers une redistribution plus équitable des rémunérations reviendrait à mettre en place une fourchette salariale plus juste. Par exemple de 1 à 10 dans les TPE et PME, de sorte à ce que pour un employé gagnant mensuellement 1200 euros, son patron ne puisse pas toucher plus de 12 000 euros, ça me paraît juste. Cela reviendrait également pour les multinationales à distribuer moins de stock options, et répartir les bénéfices aux salariés de sorte à ce qu'ils touchent davantage. La mise en place d'une fourchette maximale de salaires au sein de ces dernières me paraît absolument fondamental."

- Quels seraient les gains avec un tel système?

"En redistribuant davantage aux salariés, ces derniers seront d'une part plus épanouis au sein de l'entreprise et ainsi plus productifs, et consommeront d'autre part davantage, leur pouvoir d'achat augmentant. Ceci favorisera l'augmentation de la demande, de la production, de la croissance économique et permettra de créer davantage d'emplois. Les recettes pour l'Etat augmenteront, permettant de réduire les charges pour les entreprises. C'est un cercle vertueux.

Aujourd'hui, les marges de salaires que touchent les dirigeants sont épargnées et sortent du circuit économique de la consommation via l'accumulation de patrimoine, il  est ainsi crucial de mieux redistribuer cet argent."

- Qu'en est-il concernant les dirigeants des multinationales?

"Ces réformes devront nécessairement s'inscrire dans le cadre d'une régulation internationale. Aujourd'hui, les directeurs des grands groupes sont grassement payés car les actionnaires veulent les meilleurs afin de maximiser leurs dividendes et ils sont prêts à en payer le prix. Ces dirigeants devraient percevoir un salaire raisonnable, et un intéressement davantage lié aux résultats. Ce n'est que par la voie de la régulation que l'on pourra mettre un terme à cette tendance, autrement les écarts continueront à s'accroître au nom du profit et du chiffre d'affaires."

- Croyez-vous cette régulation possible?

"Aujourd'hui, on colmate des brèches mais on n'effectue pas de travail de remise en cause. En raison du subventionnement  conséquent de partis politiques par des entreprises, ces dernières peuvent émettre des pressions. Peut-être faudra-t-il également réformer le financement de ces mouvements politiques, ce sera un travail de longue haleine mais l'enjeu est crucial, si la redistribution ne tend pas vers davantage d'égalité, c'est l'ensemble de nos sociétés qui paieront le prix lourd de l'enrichissement exacerbé du capitalisme.