Dernières Nouvelles d'Alsace : Master II en lobbying

Écrit par Jean-Baptiste Horhant le . Publié dans Divers

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© Dna, Dimanche le 08 Avril 2012 / Strasbourg
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Master II en lobbying

 

Pierre Loeb a passé une année sur le rapport de l'AEJE.
Pierre Loeb, diplômé en lobbying, a pris une année de disponibilité pour produire le rapport de l'AEJE. Explications.

Qu'est-ce que l'AEJE ?

-- L'Association européenne des jeunes entrepreneurs dont je suis coprésident a été créée en juin 2010 pour se préoccuper de l'employabilité des jeunes diplômés. Nous comptons aujourd'hui 500 sympathisants et adhérents de 15 pays de l'Union.

Pourquoi s'être lancé dans la rédaction de ce rapport pro-Strasbourg ?

-- Le rapport de McMillan-Scott m'a mis dans tous mes états, en tant qu'observateur de l'Europe à Strasbourg et en tant que Strasbourgeois aussi. Titulaire d'un master II en lobbying, j'ai laissé tomber, l'an dernier, mon activité en tant qu'agent immobilier pour me consacrer à cette question.

En quoi votre travail serait-il plus objectif que le rapport que vous éreintez ?

-- McMillan-Scott et son équipe d'anti-Strasbourg ont travaillé à charge, avec des données anciennes et/ou erronées, en comptant sur le soutien amical de la presse de Monsieur Murdoch. On peut leur reconnaître une vraie puissance de feu médiatique. Mais il faut rétablir la vérité.

C'est ce que je me suis attelé à faire avec des données issues de l'interview de plus de 250 personnes, des réponses sur la gestion du Parlement, apportées en session à des députés par le Secrétariat général, des études extérieures et donc indépendantes (notamment pour l'aspect empreinte carbone) et des chiffres officiels récents.

« Il faut une communication plus offensive »

Qu'attendez-vous, maintenant ?

-- Les autorités françaises (État, collectivités locales, associations) doivent se mobiliser et pousser tous dans le même sens pour un lobbying pro-Strasbourg enfin organisé. La vocation européenne et internationale de Strasbourg n'est pas acquise, elle doit être défendue, notamment par une politique de communication offensive et coordonnée.

Par exemple, les Strasbourgeois sont très peu intéressés, voire sceptiques, sur les apports du Parlement à leur quotidien. Les liaisons ferroviaires ont connu de gros progrès ces dernières années, mais les habitants de la ville ne savent pas qu'ils le doivent à l'Europe.

Avec deux autres associations (*), vous avez rédigé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle : avez-vous des réponses à ce jour ?

-- On nous a promis des prises de position. Je suppose que, la campagne se terminant dans quinze jours, on devrait avoir ces éléments bientôt...

On sait que le rapport McMillan-Scott a été payé 200 000 EUR à son rédacteur. Il est probablement temps que des fonds soient octroyés de manière explicite par les collectivités ou des acteurs privés pour répondre à ces attaques de manière efficace.

Je suggère, parmi les recommandations générales inscrites dans mon rapport, la création d'une fonction de médiateur. Celui-ci aurait une fonction de relais entre le Parlement européen et les autorités françaises. Il pourrait prendre en compte les attentes, besoins, critiques des parlementaires, assistants et fonctionnaires pour une meilleure réactivité et, partant, une meilleure image de l'accueil à Strasbourg.

Propos recueillis par MSK (*) Les deux autres signataires sont Démocratie européenne et Strasbourg pour l'Europe.


 

(*) Les deux autres signataires sont Démocratie européenne et Strasbourg pour l'Europe.